Enregistré à la Foire agricole de Libramont 2026, ce nouvel épisode réunit Louise Rivière (conceptrice en hydrologie régénérative), Bertrand Counet (Ferme du Petit Bomal), Eddy Montignies (BRIOAA - Belgian Research Institute of Organic Agriculture and Agroecology) et Antoine Quirynen (Natagriwal) autour d'un enjeu central pour l'avenir de nos territoires : la gestion de l’eau.
"Un tiers des précipitations qu'on reçoit vient de l'eau bleue, de l'eau océanique, mais deux tiers viennent en fait de l'eau verte", explique Louise Rivière — c'est-à-dire l'eau infiltrée dans les sols puis évapotranspirée par la végétation. Mieux la retenir, c'est permettre à une même goutte d'eau de se recycler jusqu'à cinq fois avant de rejoindre un cours d'eau.
L'épisode s'appuie sur des retours d'expérience concrets, notamment ceux de Bertrand, agriculteur sur deux sites aux profils hydrologiques très différents : à Érezée, un terrain en pente et peu drainant, sensible à l'humidité de surface et au dessèchement estival ; à Bomal-sur-Ourthe, un fond de vallée limoneux très drainant mais exposé aux excès d'eau. Sur ces parcelles, Louise Rivière et Antoine Quirynen décrivent un travail de diagnostic cartographique et de terrain, débouchant sur des aménagements ciblés — mares, noues, plantations rivulaires — plutôt qu'un drainage généralisé et coûteux.
Eddy Montignies rappelle lui que le premier levier reste agronomique : un sol riche en matière organique retient davantage d'eau, s'érode moins et résiste mieux à la sécheresse. Rotations plus longues, couverture des sols, diversification des cultures et des paysages (prairies temporaires, bandes enherbées, haies) viennent ensuite compléter le dispositif. L'épisode évoque aussi le principe du "castor mimétique" — reproduire les effets de régulation naturelle de l'eau observés dans les barrages de castors — et le rôle de la biodiversité (nichoirs, chauves-souris, rapaces) dans la régulation des ravageurs.
Une étude de modélisation sur le bassin de la Vesdre, également citée, estime qu'une approche combinant pratiques agricoles et ouvrages hydrologiques pourrait réduire les pics de débit de près de 30 %. De quoi rappeler, à l'heure des sécheresses et des inondations à répétition, que la gestion de l'eau est une responsabilité qui dépasse la seule parcelle — et se joue à l'échelle du bassin versant.
🌐 Pour en savoir plus ou rejoindre la réflexion : l'association Hydrologie Régénérative Belgique recherche des personnes intéressées, y compris en dehors du monde agricole
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Infos pratiques
- Publié le:
- 07.10.2026
- Mise à jour:
- 04.11.2026
- Date du document:
- 04.09.2026
- Langue du document
- Français
- Territoire(s):
- Wallonie
- Structure(s):
- Natagriwal ASBL Réseau wallon PAC
- Thématique(s):
- Agriculture Production durable Agroécologie Développement rural Aménagement du territoire